POPA CHUBBY

Ecrit par le 13 décembre 2013

Le blues et la France, c’est une grande histoire d’amour. Sans qu’on puisse expliquer pourquoi, les bluesmen adorent jouer chez nous et le public le lui rend bien. La preuve ? POPA CHUBBY offre plus d’une dizaine de dates au public Français en cette fin d’année.

Étant donné que chez Rx3 on est souvent admiratifs devant les qualités guitaristiques du new-yorkais, on en a profité pour le retrouver lors de son étape Parisienne. Le Trianon est plein à craquer, c’est parti pour un moment de raffinement absolu.

POPA CHUBBY

C’est toujours un plaisir pour moi d’aller au Trianon parce que j’aime la salle. Je dois reconnaitre que ce soir, son ambiance tamisée quasi intimiste fait des merveilles. Popa Chubby est accompagné de Francesco Beccaro à la basse et Felipe Torres à la batterie. Dès son entrée sur scène le public ovationne le guitariste qui affiche déjà un large sourire. Comme prévu, à 18h pétantes, ça commence et croyez-moi, ce mec est magique.

Magique au niveau du son tout d’abord. J’avais oublié mes bouchons ce soir-là (d’ailleurs, protégez-vous les oreilles, c’est super important) et en fin de compte je n’en ai pas eu besoin. C’était parfaitement clair, et juste au bon volume pour qu’on apprécie sans devoir s’adresser à son voisin en langue des signes.

La basse est parfaitement mixée et la batterie envoie du bois sans bouffer tout le reste, preuve qu’il existe des ingénieurs du son plus que compétents, merci. En ce qui concerne le Pop’ le son de la guitare est au-delà du sublime… Cristallin comme jamais, chaque note donne l’impression qu’on me passe de la soie sur les tympans. Quant à son micro, s’il ne l’utilise pas beaucoup, il sait mettre sa voix rauque et suave parfaitement en valeur sur ses plans de guitares.

Magique également par la durée du concert. Deux parties d’un peu plus d’une heure chacune séparée par un entracte de vingt minutes, pour à peu près 2h20 de musique. C’est énorme surtout vu le niveau affiché par les musiciens.

Parce que nous allons avoir droit à une démonstration à se décrocher la mâchoire. Je m’attendais à une performance de la part du guitar hero qu’est Popa Chubby, mais même là je suis scotché devant un tel feeling qui mélange habilement rock, blues, jazz et soul pour offrir une musique extrêmement chaleureuse et groovy. Son toucher sait se faire doux et subtil quand il faut (sur le très bluesy « 69 Dollars ») mais est capable de s’adapter à une magnifique reprise de JIMI HENDRIX : une version de « Hey Joe » de plus de dix minutes ponctuée par un solo dantesque qui mets tout le monde d’accord.

Les extraits de son dernier album « Universal Breakdown Blues » passent parfaitement bien la scène, et on se surprend à fredonner le morceau éponyme et l’excellent « I Ain’t Giving Up » pendant un long moment après le show. Bien sûr, pour se rajouter du challenge, il n’utilisera qu’une seule guitare pour toute la soirée, se contentant de changer de mode et de gammes quand il en a envie, pour un résultat parfois déroutant.

Magique enfin parce qu’il sait s’entourer. Felipe Torres est un batteur que je ne connaissais pas mais après ce soir, je rêve de le voir jouer encore tant il maitrise à la perfection les nuances. Plutôt habitué aux batteurs bucherons du rock/métal, c’est un plaisir de voir un jazzman balancer la sauce sur du blues rock ou calmer son jeu pour le rendre minimaliste sur des morceaux plus intimistes sans qu’on ait l’impression qu’il se force. Il sera mis à l’honneur durant un solo totalement épique, durant lequel Popa Chubby se munira de baguettes pour une séance question/réponse entre les deux musiciens (confirmant ainsi que le Pop’ a plus d’une corde à son arc).

Quand à Francesco Beccaro, son jeu de basse tout en ronronnement et en rythmiques jazz, dont on ne manque pas une seule note, relève encore le niveau du trio. Sur « 69 Dollars », celui-ci appuie sur la touche funk et envoie une partie qui donne envie de se déhancher instantanément. C’est également avec maestria qu’il délivrera un solo à couper le souffle, qui se ponctuera par un duel basse/guitare ou le public sera laissé seul juge du vainqueur.

Visuellement, la prestation est plus que sobre, Popa joue assis pendant la grande majorité du concert, alors que le bassiste ne bouge pas de son coin de scène. Mais le mouvement n’est pas nécessaire, tant leurs prouesses musicales sont captivantes (j’ai même perçu des notes de « Ghost Riders In The Sky »). En plus d’être un batteur de qualité et un guitariste hors-pair, il est un frontman d’exception, qui se met le public dans la poche à chacune de ses interventions (surtout quand il dit « Je voudrais jouer pour vous toute la nuit, connerie de couvre-feu… ») et dont la musique s’avère le meilleur remède possible à toute forme de déprime.

Le concert fut toujours technique, jamais masturbatoire, mais avant tout il fut à l’image du musicien : chaleureux. Alors que retentissent les dernières notes de guitares, on peut repartir le sourire aux lèvres, convaincus que dès qu’il repassera dans la capitale, on ira le revoir. Il conclue en déclarant : « Si personne ne vous a dit qu’il vous aimait, n’oubliez pas que Popa Chubby vous aime. » Oui, définitivement, le blues et la France c’est une histoire d’amour réciproque.

Setlist POPA CHUBBY :
Non communiquée.

Lien vers le site du groupe

Photos par Shyanna.


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