TOP 10 2023 / Version Gus

Écrit par sur 15 février 2024

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Les 10 meilleurs albums de l'année Version Gus.

Chez Real Rebel Radio, on a une seule vraie ligne directrice : on ne parle que de la musique qu’on a aimée. Je me suis posé la question de ce choix en voyant le succès des compilations « pires albums de l’année » un peu partout. Pourquoi ne pas parler du pire et bien se marrer ?

La réponse tient en deux temps : d’une part je n’ai pas envie de perdre du temps avec ce qui ne m’a pas plu et d’autre part vu le nombre d’albums qui sortent, je préfère mettre en lumière la crème de la crème. Et comme j’ai pris trois plombes à faire mon classement, parce que 2023 était sacrément qualitative, je suis à la bourre. Donc c’est parti, sans plus attendre et pour la première fois depuis très longtemps, un vrai top 10 sans tricher.

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10 / NEUROMANCER

"Hardwired"

NEUROMANCER - Hardwired (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Si j’aime la synthwave, c’est parce que c’est une musique extrêmement cinématographique. Donc évidemment, dès que j’ai posé les oreilles sur « Hardwired », premier album du duo slovène NEUROMANCER et que j’ai été projeté dans un univers de film noir éclairé aux néons rouges, je me suis vu filer sur une autoroute qui n’en finissait plus. Je me suis imaginé tout un tas d’histoires entre flics véreux, corporations corrompues, courses poursuites, trafics d’implants cybernétiques… Et c’était cool.

Surtout que niveau compos, même en restant dans quelque chose de très classique pour le style, ça envoie quand même des trucs bien intéressants (le thème de « Out Of The Dark », la rythmique de « The Howling » qui vous reste dans le crâne…). Et grâce à un excellent mixage qui permet de bien distinguer la rythmique et les basses d’un côté et les mélodies de l’autre, le rendu final donne le sentiment de vraiment voir un duo à l’œuvre, comme si les deux musiciens dialoguaient à travers leurs parties respectives.

Entre froideur, groove et synthés bien rétros, un excellent premier effort dont les trente-cinq minutes filent, mais qui ne quittera pas vos oreilles pendant plusieurs semaines.

Morceaux préférés : « The Howling », « Mainframe Terror », « Out Of The Dark »

9 / CODE ORANGE

"The Above"

CODE ORANGE - The Above (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Disons-le franco, cet album va diviser. Et je pense pouvoir affirmer que CODE ORANGE n’en a rien à foutre. Il sera soit adoré, soit détesté. Moi j’ai choisi mon camp. Le chanteur Jamie Morgan avait annoncé vouloir « faire autre chose », il n’a pas menti. En expérimentant et en poussant ses ambitions toujours plus loin, CODE ORANGE propose ici un voyage musical qui laissera perplexe les moins courageux.

Si les singles (« Take Shape », « Mirror ») sont plus accessibles, c’est pour mieux vous étouffer sous la lourdeur du reste (« The Mask Of Sanity », « A Drone Opting Out Of The Hive »…). C’est le genre d’album qui ne s’apprécie à sa juste valeur qu’après plusieurs écoutes tant sa densité et ses virages inattendus rendent l’expérience ardue, mais ô combien satisfaisante. Les Pennsylvaniens repoussent encore leurs limites musicales, n’allant donc jamais dans la même direction et non contents de digérer leurs acquis, ils y incluent de nouvelles influences (NINE INCH NAILS, A PERFECT CIRCLE, SMASHING PUMPKINS…).

Ce faisant CODE ORANGE continue de s’imposer comme l’une des formations les plus intéressantes du moment, et j’ai toujours autant hâte de voir la prochaine étape de sa mutation !

Morceaux préférés : « Splinter The Soul », « Snapshot », « The Mask Of Sanity Slips », « Mirror »

8 / S.U.P.

"Octa"

SUP - Octa (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

De base, expliquer un album qui mélange death, indus, new wave, cold wave et qui en plus se paye le luxe d’être un concept album de SF dystopique ultra vénère c’est chaud. Mais alors en plus quand c’est un groupe comme S.U.P., que n’importe quel amateur d’œuvres bien faites respecte, qui s’en occupe, ça devient compliqué.

Parce que pour l’amateur du style unique des nordistes que je suis, tout fait sens. La froideur quasiment malsaine, les rythmiques pesantes et tranchantes, les guitares affutées, le mix chant clair en retrait et growls caractéristiques de Ludovic Loez, le haut niveau de qualité d’écriture et de production… J’ai regardé, c’est dans le contrat. Mais les mélodies ultras accrocheuses qui vous rentrent dans le cervelet comme la machine décrite dans le concept (« Not Icarus » ; « Open Eye »), j’avoue que je ne m’y attendais pas. Il faut dire que malgré des morceaux longs, SUP ne fait rien trainer et use de variations assez intelligentes et régulières (« Pseudoposic Phantasm », « The Light Of Eden ») pour enfermer l’auditeur dans son univers sans jamais qu’on puisse s’ennuyer.

Quarante-huit minutes qui passent en un claquement de doigts. Ce huitième album cimente encore le statut culte d’une formation dont la régularité et la constance imposent le respect.

Morceaux préférés : « Not Icarus », « Hebdomath », « Queen Quintessence »

7 / ECLIPSE

"Megalomanium"

ECLIPSE - Megalomanium (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Voilà donc le bruit que vous entendez, c’est Shyanna qui se marre. Bah oui, mais au bout d’un moment vous allez finir par le savoir : ECLIPSE continue d’être le meilleur groupe de hard 80s qu’on a sur le marché. Je ne sais pas quoi vous dire de plus.

Si les premières notes de « The Hardest Part Is Losing You » ne vous donnent pas envie de taper des mains et des pieds ou que vous ne hurlez pas tous les refrains en cœur dès la première écoute, c’est juste que vous êtes morts à l’intérieur. C’est rétro (parfois à la limite du too much, on te voit « Anthem ») sans être vieux, c’est moderne sans sonner plat, mélodique sans être sirupeux… C’est un parfait exercice d’équilibriste avec une production absolument magnifique qui transforme chaque morceau en hymne pour stade (« I Don’t Get It » et ses chœurs de tueurs). Quatre musiciens parfaitement complémentaires qui réussissent à ne jamais tourner en rond tout en restant dans une constance et une régularité qui impose le respect.

ECLIPSE persiste, signe et continue sa série de tueries. Et comme ils n’ont apparemment pas l’intention d’arrêter, je sens que Shyanna va encore se marrer au prochain album…

Morceaux préférés : « Hearts Collide », « Children Of The Night », « I Don’t Get It »

6 / HOLDING ABSENCE

"The Noble Art Of Self Destruction"

HOLDING ABSENCE - The Noble Art Of Self Destruction (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Alors celui-là, je ne l’avais pas vu venir. J’avais plutôt bien accroché aux efforts précédents des Gallois de HOLDING ABSENCE, mais les voir passer un tel palier sur ce troisième album fut une surprise, et une plutôt agréable.

Les paroles sont phénoménales de mélancolie, de lucidité et de pertinence. La référence à l’art japonais du « Kintsugi », méthode de réparation des poteries et porcelaines avec de la poudre d’or qui vise à sublimer l’imparfait, n’est pas là pour faire jolie et est réellement le thème central de l’album. Porté par le chant magnifique de Lucas Woodland tous les morceaux prennent une proportion absolument épique et magnifique. Les montées en puissance, les breaks, les refrains… tout est parfaitement maîtrisé et exécuté à la perfection. De manière générale, chaque membre du groupe brille à travers l’album, les guitares sont simples et lumineuses, la basse ronronne pendant 50 minutes et on pourrait écouter les parties de batteries seules que le plaisir serait le même (non vraiment, Ashley Green est incroyable).

De toute la scène post-hardcore ayant explosée depuis quelques années, HOLDING ABSENCE est sûrement le groupe le plus prometteur et se hisse de la tête et des épaules au-dessus de la concurrence. Hâte d’avoir la suite.

Morceaux préférés : « False Dawn », « The Angel In The Marble », « These New Dreams »

5 / LORD OF THE LOST

"Blood And Glitter"

05 - LORD OF THE LOST - Blood And Glitter TOP 10 2023 / Version Gus

Oui, c’est sorti en 2022, mais c’était le 30 décembre donc on va dire que c’était en 2023. Et vu la qualité de l’ensemble, passer à côté, ça serait triste. Forcément, un mélange indus-goth-glam assumé et réussi, moi ça me parle. Surtout quand c’est aussi bien fait.

Il faut dire qu’en termes de production LORD OF THE LOST n’a plus rien à prouver à personne et cet opus n’échappe pas à la règle. Massif, mais toujours clair, le son sublime chaque influence (ROXETTE, c’était inattendu), chaque mélodie balancée sur des rythmiques ultras heavys. Le but visible de cet album c’était de faire la teuf, et clairement c’est réussi. On enchaine tube sur tube, on remplace le maquillage goth par du gros rouge à lèvres criard et des tenues en latex moulantes issues des années 70 et on kiffe. On sourit sur les petits gimmicks de claviers, on remue en rythme et on chante en cœur des refrains à l’équilibre parfait entre envie de tout envoyer valdinguer et envie de partager un moment de fête.

Un superbe album des Allemands qui prend un peu au dépourvu sur le coup, mais qui reste dans les oreilles et réchauffe nos p’tits cœurs de gothiques.

Morceaux préférés : « No Respect For Disrespect », « Save Our Souls », « Leaving The Planet Earth »

4 / SLEEP TOKEN

"Take Me Back To Eden"

SLEEP TOKEN - Take Me Back To Eden (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Bon bah comme à peu près n’importe quelle personne ayant des oreilles fonctionnelles, je suis obligé de mettre SLEEP TOKEN dans mon top de l’année.

Écouter leur troisième album, c’est s’atteler à l’escalade d’une montagne émotionnelle. Et comme tous les hauts sommets, il est impitoyable. On crie, on hurle (« Vore »), on pleure (« Ascensionism », « Euclid »), on sourit (« Are You Really Ok? »), bref on passe par absolument tout le spectre des émotions humaines, notamment à cause de la magnifique voix de Vessel qui enterre à peu près 95 % de la concurrence. Une heure et trois minutes purement titanesques, mélangeant les styles avec virtuosité et flirtant avec les limites du too much sans jamais tomber dedans. Non parce que vous en connaissez beaucoup des groupes qui oseraient mettre un morceau electro-pop (« DYWTYLM ») et le pratiquement doom « The Summoning » sur un même album tout en réussissant à être cohérent ? Moi non.

À force, on se laisse porter par l’imprévisibilité et on apprend à ne rien attendre si ce n’est la tuerie suivante. SLEEP TOKEN s’impose donc comme l’une des formations les plus intrigantes du moment et vu le talent, ce n’est pas près de changer.

Morceaux préférés : « Chokehold », « Take Me Back To Eden », « Ascensionism »

3 / DANKO JONES

"Electric Sounds"

DANKO JONES - Electric Sounds (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Un nouvel album de DANKO JONES, à ce stade, c’est un peu comme la saga John Wick. On sait globalement à quoi on va avoir droit : grosses guitares, basse qui ronronne, batterie qui tatanne, morceaux efficaces et accrocheurs et la voix de Danko au timbre si particulier qui surplombe le tout.

Et oh, quelle surprise, c’est précisément ce mélange de hard rock aux influences punk et garage que l’on retrouve ici. Qui aurait pu le prévoir… Blague à part ce onzième album confirme que les Canadiens maîtrisent leur sujet et qu’ils ont toujours autant l’intention de proposer une musique hyper fun (« Get High? », « She’s My Baby »), parfois grivoise (« Stiff Competition », « Let’s Make Out ») et toujours prête à casser la baraque (« Good Time », « Shake Your City »). Suffisamment court pour qu’on en redemande, suffisamment long pour qu’on ne reste pas sur notre faim et produit avec une précision absolue, « Electric Sounds » est l’œuvre d’un groupe qui a pleinement conscience de ce qu’il est, de ce qu’il veut faire et de son rôle à jouer dans le rock.

À ce stade, soit vous en êtes, soit vous n’aimez pas le fun. Choisissez votre camp camarades, moi c’est déjà fait.

Morceaux préférés : « What Goes Around », « Shake Your City », « Good Time »

2 / THE HIVES – "The Death Of Randy Fitzsimmons"

THE HIVES - The Death Of Randy Fitzsimmons (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Pelle Almqvist, chanteur du mythique quintet suédois, déclarait : « Nous avons laissé le trône vacant pendant dix ans. Personne ne l’a réclamé, alors nous revoilà. ». Et fondamentalement je n’ai rien de plus à ajouter.

En même temps, quand on sait que le groupe a trouvé toutes les partitions et les paroles directement dans le cercueil sans corps de Randy Ftizsimmons, véritable tête pensante du groupe, tout est alors limpide. THE HIVES sonne comme THE HIVES parce que l’identité du groupe réside avant tout dans son approche très punk du rock des 60s : un frontman particulièrement mis en avant qui s’appuie sur une formation aussi carrée qu’une toile de Malevich. Rien ne dépasse, chaque morceau a la durée parfaite, chaque musicien connait son rôle à la perfection et est mis en valeur dès qu’il le faut : la basse sur « Countdown To Shutdodwn », la batterie sur « Rigor Mortis Radio », les guitares sur « Bogus Operandi »…

Et il faut ici saluer l’excellente production de Patrik Berger, plutôt connu pour son travail pop. Il réussit à conserver le son traditionnel de THE HIVES tout en le modernisant et le transformant juste ce qu’il faut pour le renouveler et lui permettre de coller à ce nouveau chapitre de leur histoire.

Finalement, c’est encore Howlin’ Pelle qui résume le mieux les choses : « Nous sommes des requins […] Un requin n’a pas besoin d’évoluer puisque rien ne peut le tuer. ». Le Randy est mort, vive THE HIVES.

Morceaux préférés : « Countdown To Shutdown », « What Did I Ever Do To You », « The Bomb », « Smoke & Mirrors »

N° 1

STARBENDERS

"Take Back The Night"

STARBENDERS - Take Back The Night (album cover) TOP 10 2023 / Version Gus

Rares sont les groupes dont on peut voir l’évolution, de la naissance à la maturité. Il faut avoir de la chance et arriver au bon moment pour observer ce phénomène. Car faire l’expérience de l’évolution en ligne droite dans le rock n’est pas commune. Et en écoutant « Take Back The Night », troisième album des Américains de STARBENDERS, je réalise à quel point cette sensation est grisante.

Vous vous en doutez vu le classement, mais « Take Back The Night » est une bombe. Un mélange parfaitement homogène de 40 ans de rock depuis le glam psyché des 70 s (« Seven White Horses ») jusqu’à l’indus presque teuton des années 90/2000 (« Sex »), avec des touches de punk, de hard rock 80 s (l’excellente reprise de « Poison »), un peu de grunge saupoudré de-ci, de-là… typiquement le genre de groupe qui vous rappelle que c’était pas mieux avant, parce qu’ils n’avaient pas tous ces ingrédients à mélanger, avant.

Il n’y a pas un morceau qui ne soit pas un tube, pas un refrain qui ne demande à être chanté tout de suite (« Cherry Wine » bordel de merde). Et surtout, sous une première impression simple, la complexité de l’album se révèle au fur et à mesure des écoutes et finit par ne plus vous lâcher une fois que le rituel est accompli.

Je pourrais vous faire une dissertation complète sur l’amour que je porte à chaque membre et son rôle dans la formation… Mais malgré tout ce talent individuel, c’est bien ensemble que les quatre musiciens sont sublimés et l’alchimie entre eux semble parfaite.

Avec la formation Kimi Shelter, Kriss Tokaji, Aaron Lecesne et Emily Moon, STARBENDERS achève sa mue et a trouvé l’équilibre nécessaire pour atteindre son plein potentiel, et nos oreilles ne peuvent qu’en être ravies.

Morceaux préférés : Tous.

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