MAIN SQUARE FESTIVAL 2018

Ecrit par le 18 juillet 2018

Ca fait plusieurs années que le Main Square Festival me fait de l’œil, surtout vu la qualité toujours croissante de ses affiches. En plus l’évènement jouit d’une excellente réputation, et les photos disponibles de la citadelle font miroiter un cadre exceptionnel. En voyant le cru 2018, j’ai compris que cette année, c’était une lettre d’amour écrite par l’orga et envoyée à mon petit cœur de mélomane. Rien qu’à l’annonce des têtes d’affiches, j’ai su qu’il était impératif que j’y aille. En plus, j’avais enfin une raison valable de parler d’electro et de rap dans un live report et pour ne rien vous cacher, ça faisait un bon moment que j’attendais ça.

Entre découvertes, premières fois et confirmations, voyons voir si mon premier séjour dans le Nord de la France a tenu toutes ses promesses.

06, 07 et 08 juillet 2018 - Citadelle d'Arras, Arras

THE BREEDERS

Main Stage

Après un accueil exemplaire, malgré les retards inhérents à toute première journée de festival, on pénètre sur le site avant le début des concerts. Premier constat, le cadre est superbe avec un petit espace boisé entre les deux scènes. Celui-ci est déjà apprécié des premiers arrivés grâce à l’ombre qu’il apporte. Le contraste entre l’architecture de la citadelle et les scènes du festival est intéressant et les voies de circulations sont assez larges pour laisser passer pas mal de monde. On flâne devant les stands sur les remparts, qui sont encore entrain de s’activer pour ouvrir alors que les festivaliers commencent à arriver.

Il fait déjà chaud quand THE BREEDERS monte sur scène. J’apprécie la formation sur album, pour son esthétique très « chill » et son groove latent, typique du rock alternatif américain des années 90. Pourtant, je dois l’admettre : ce concert fut une énorme déception. Déjà, point hyper positif : la sono est irréprochable. Puissante et claire, on profite de la musique où que l’on se trouve, ce qui fait un bien fou. Mais un bien de courte durée, parce que THE BREEDERS n’y est pas, mais alors pas du tout. Ne cherchons pas midi à quatorze heures : on s’emmerde sec devant la prestation des américaines. Tout dans ce concert sonne plat, fade et poussif, à commencer par un duo basse batterie qui ne parvient jamais à trouver ce groove caractéristique et passe à la trappe toute la dimension post-grunge du combo. Jim MacPherson, pourtant membre historique de la formation, est à la limite de la justesse dès qu’il change de rythme et Josephine Wiggs n’a juste aucun groove dans sa basse, qu’on entend à peine. Côté guitares, si le duo Kelley Deal, Kim Deal s’en sort bien, quiconque a déjà écouté un album du quatuor sait qu’il représente le côté nonchalant de leur musique. Sauf que mis en avant tel qu’il est, sans rien pour le contrebalancer bah ça devient du j’m’enfoutisme. Pour ne rien arranger, Kim Deal n’est vraiment pas en voix et chante assez régulièrement faux, ce qui provoque quelques soupirs un peu agacés. C’est dommage parce que le groupe semble s’impliquer et les quelques plaisanteries de la chanteuse font mouche. Mais la setlist est elle aussi mal agencée, puisque les deux premiers tiers du concert voient s’enchainer des titres toujours plus lents, ce qui donne une étrange impression de répétition, alors que sur la fin les tubes comme « Safari », sur le refrain duquel tout le monde se réveille, ou le très bon « Canonball » tentent de redonner de l’énergie à un public qui ne sait apparemment pas quoi penser. Un concert loupé, dont la déception n’a d’égale que l’attente qu’on plaçait dessus. En espérant que la prochaine fois sera meilleure…

Setlist THE BREEDERS :
Setlist complète non disponible.

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PVRIS

Green Room

Contrairement à la Main Stage, la Green Room est posée sur une large pelouse, ce qui permet d’éviter le problème de poussière qu’on voit de l’autre côté. Nombreux sont les festivaliers à déjà avoir pris leurs marques devant cette scène, pour simplement se prélasser au soleil. Leur repos n’est que de courte durée, car très vite il apparaît que PVRIS (ndG : prononcé « Paris ») possède un public assez large malgré à peine plus de cinq ans d’existence.

Dans notre émission spéciale, je n’avais pas caché mon scepticisme quant à la formation, que je jugeais trop formatée et trop axée sur un public « young adults », comme tant de séries nanardesques au possible dont Shyanna raffole. Je dois donc m’incliner, j’avais tort. Si je continuerais à tiquer sur certains gimmicks de PVRIS, ça sera désormais avec grand plaisir que je les verrais sur scène. Dès le premier morceau on est surpris par la configuration scénique : Alex Babinski et Brian MacDonald sont tous deux derrière un pied de micro et un clavier en plus de leurs instruments respectifs. Il y a en effet assez peu de boucles chez PVRIS, la plupart des claviers sont joués live par des musiciens en suppléments de leurs autres parties, dans une démarche qui rappelle un peu celle de AGENT FRESCO. C’est classe, j’avoue. Côté batterie, Justin Nace est impressionnant. Par un jeu tout en finesse, il révèle délicatement chaque émotion présente dans les morceaux. « What’s Wrong » et « My House » deviennent ainsi des tubes bien plus puissants en live que sur album, simplement par l’énergie qu’il y insuffle. Honnêtement, la formation gagnerait à l’inclure dans le processus d’enregistrement.

La basse de Brian MacDonald, ronronne comme il faut, et on sent, par son jeu de scène, que le musicien est totalement habité par la musique, au point de surjouer un peu par moments. Alex Babinski enchaine les parties de guitares, alternant entre gros riffs quasiment metal et les phases plus aériennes, qui donnent au groupe son côté pop assumé (« Heaven » est une claque en fait).

Et puis il y a Lynn Gunn… La chanteuse est à la fois un atout et un handicap pour PVRIS. Elle passe sans problème derrière la guitare, le piano et même la batterie pendant quelques instants mais souvent sa voix reste trop linéaire et manque du relief que mériteraient ces chansons. Ainsi ses attaques sur « Heaven » manquent d’un petit quelque chose pour devenir épiques et sur certains passages plus calmes, on est à la limite de ne plus l’entendre. Si son énergie fait plaisir à voir et est communicative, ses tentatives de faire participer le public sonnent un peu forcées et manquent de spontanéité. Malgré tout, ces quelques défauts n’entachent pas une prestation impeccable, qui enchaine tube sur tube et convainc sans peine, grâce à nouveau à une sono parfaite. A revoir, pour suivre leur progression.

Setlist PVRIS :
Setlist complète non disponible

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GOJIRA

Main Stage

Nous bénéficions du concert de DAMIAN MARLEY, de loin,  en savourant une pizza vraiment bonne et copieuse. Je dois avouer que je n’en attendais pas grand-chose, pourtant la performance énergique et efficace de JUNIOR GONG a réveillé mon intérêt pour le reggae et me fait me promettre d’y jeter un œil… la prochaine fois.

Je profite du concert de ROMEO ELVIS pour me placer correctement pour GOJIRA, que j’attends de pied ferme. Apparemment ils ont eu le message, vu que les landais ont livré un show exemplaire à tous les égards. Déjà l’utilisation de la pyrotechnie, avec parcimonie, rend hyper bien avec l’ambiance proposée ce soir (malgré que ça fasse râler Shyanna, pour les photos parce qu’elle est trop naine et m’empêche de profiter un instant du concert…). Même si le canon à confettis fait toujours un peu cheap pour votre serviteur, la surprise est bienvenue dans un set aussi bien rodé. Parce qu’’à ce stade là il suffit de dire « concert de GOJIRA » pour savoir exactement de quoi on parle. Un mur sonore surpuissant qui met à l’épreuve une frange du public pas du tout habituée à ce genre de sonorités.

Le quatuor est toujours emmené par le génialissime Mario Duplantier qui fait l’unanimité dès les trois premières notes d’« Only Pain » en faisant preuve d’une dextérité sans faille. Et le batteur d’enchainer avec « The Heaviest Matter Of The Universe », qui reste l’un des plus beaux exemples de ce que tout bon batteur de death metal doit savoir faire. A la basse, je vous recommande de regarder très attentivement Jean Michel Labadie au moins une fois dans votre vie. A l’instar d’un Tom Araya, on ne se rend pas compte du travail titanesque qu’il abat à moins d’avoir vu à quel point ses mains sont en mouvement perpétuel sur les cordes. Alternant puissance brute et groove titanesque, mais toujours avec le sourire, il impose le headbang comme nouvel religion en rendant « Backbone » encore plus monumental qu’à l’accoutumée. Le duo de guitares Joe Duplantier / Christian Andreu n’a plus rien à prouver à personne, et son équilibre rythmique/lead se montre plus parfait que jamais. Andreu envoie tellement de buches à la minute qu’on finit par chercher à se les prendre dans la tronche par pur plaisir. Forcément le riff ultime de « Flying Whales » butera jusqu’à la fin des temps, mais il est remarquable de voir à quel point ils ne semblent jamais fatigués de le jouer, en lui insufflant une énergie renouvelée à chaque fois. En axant leur heure sur « Magma » les landais démontrent tout l’impact de cet album sur scène, où « Stranded », « The Cell », « The Shooting Star » deviennent lentement mais surement les classiques qu’ils méritent d’être. Si on en juge par ses interventions entre les morceaux, plus calmes que d’habitude, Joe est un peu fatigué, mais dès qu’il lui faut pousser vocalement, il répond présent et « Liquid Fire » se retrouve entièrement portée par sa voix qui donne la chair de poule. On sent les quatre musiciens ravis d’être là, avec toute l’humilité qu’on leur connaît et les nombreux remerciements envers le public témoignent à nouveau de cette grande qualité qui est la leur.

L’heure file, et c’est sur un « Vacuity » intense comme jamais qu’on se quitte, un peu dépité de ne pas en avoir plus. Et comme je n’ai toujours pas eu « Where Dragons Dwell » et « Low Lands », forcément je serais obligé d’y retourner. Ah oui, même Shyanna a été finalement impressionnée. Comme quoi…

Setlist GOJIRA :
« Only Pain »
« The Heaviest Matter of the Universe »
« Love »
« Stranded »
« Flying Whales »
« The Cell »
« Backbone »
« Terra Inc. »
« Silvera »
« Liquid Fire »
« The Shooting Star »
« Vacuity »

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QUEENS OF THE STONE AGE

Main Stage

Puisqu’apparemment, ce report est l’occasion de vous faire des confidences, sachez que ma première expérience avec le stoner rock fût « Songs For The Deaf » des QUEENS OF THE STONE AGE. Si vous suivez la radio, vous imaginez donc tout ce que cet album représente pour moi et à quel point je dois me faire violence pour ne pas trop attendre de ce soir, après la douche froide des FOO FIGHTERS il y a trois semaines.

Déjà, on a droit à un décor… étonnant. De longs tubes à LED plastiques posés à la verticale sur la scène forment un quadrillage dans lequel évoluent cinq musiciens à l’élégance remarquable (surtout Troy Van Leeuwen, dont je jalouse maintenant le costume). Retentissent alors les premières notes de « Regular John » puis « If I Had A Tail ». Un doute s’empare de votre serviteur. Car si d’entrée de jeu QOTSA enterre la concurrence, leur son a perdu beaucoup de son côté lourd et de son groove pourtant si génial. C’est avec « Feet Don’t Fail Me », dédié à DAMIAN MARLEY, qu’on comprend que ce choix est fait pour permettre aux extraits de « Villains », sorti l’an passé, de briller comme il se doit. Bon bah c’est réussi. Si l’album m’avait peu convaincu, à cause d’une trop grande inconstance et de ce son déroutant, ce soir le quintet me le ferait pratiquement reprendre depuis le début pour voir ce que j’ai loupé.

Grâce au jeu de batterie phénoménal de Jon Theodore (son solo sur « No One Knows », une tuerie), « The Evil Has Landed » trouve l’énergie qui lui manquait un peu et on se surprend à chantonner le riff en chœur. C’est Troy Van Leeuwen, qui donne la cadence à « The Way You Used To Do », et balance un riff dansant au possible, sur lequel son déhanché rappelle celui d’Elvis Presley. Il est d’ailleurs parfaitement épaulé par Michael Shuman, dont le touché est visiblement très apprécié par sa basse si on en juge à la série de ronronnement incroyablement efficaces qu’elle lui renvoi, sur un « Domesticated Animals » qui fait rouler de nombreux popotins. Derrière tout ça, Dean Fertita, dont les claviers oscillent entre années 70 et 80, est constamment à l’œuvre pour lier tous ces éléments entre eux, et permettre à Josh Homme d’apporter la touche finale à un édifice déjà remarquable. Car le chanteur, archétype du connard tellement cool et assumé qu’on en tombe amoureux en un sourire, est un showman exemplaire. Usant et abusant de son charme et de son timbre caractéristique, il est le parfait chanteur de groupe de rock : toutes les femmes veulent être avec lui et tous les hommes veulent être lui. Rien qu’à l’entendre sur « Make It With Chu », on a des petits frissons de plaisir.

Au-delà de tout ça, QUEENS OF THE STONE AGE reste une machine à tube et c’est exactement ce qu’on a pendant ces quatre-vingts minutes de concert. En piochant intelligemment dans l’ensemble de son répertoire, les américains mettent ainsi le feu au Main Square. « My God Is The Sun » dévoile leur côté glauque, « Monsters In The Parasol » et « Little Sister » font danser même les plus réticents à ce style, « Make It With Chu » est prétexte à tout le romantisme de l’univers, « 3’s And 7’s » est plus débridé que jamais…

Après quelque morceaux, plusieurs flashs et mouvements de spectateurs me font tourner la tête, je constate que les frères Duplantier sont à peine à deux mètres de moi et qu’ils kiffent tout autant la musique. S’ils sont toujours là à la fin, j’irais les remercier pour leur concert, pour l’instant laissons-les profiter. Surtout que « You Think I Ain’t Worth a Dollar, But I Feel Like a Millionaire » démarre, que ce titre retourne littéralement le festival, et me défonce le cou.

Plus le set avance, plus l’énergie monte et plus je me rends compte qu’ils sont entrain de dépasser mes attentes. On applaudit même quand Josh Homme envoie chier un spectateur qui tente de lui ordonner une chanson (« Je bosse pas pour toi alors va te faire foutre. Pauvre connard. »). Soudain tout s’arrête, le groupe, qui mouille la veste comme jamais et joue chaque note comme si sa vie en dépendait, reprend son souffle, Troy Van Leeuwen, joue un petit arpège, Shyanna se retourne avec un grand sourire. Et j’ai compris… « Go With The Flow » est lancée et mettra tout le monde au diapason. Tout le groupe y est à l’unisson, chacun mettant ses dernières forces dans ce titre incontournable et mythique qui achève un public qui n’en demandait pas tant.

Un dernier rappel avec « Songs For The Dead », prétexte à une petite « Overkill » (on reprend plusieurs fois le riff de la chanson avant de finir, histoire de terminer les plus coriaces) et c’est fini. QUEENS OF THE STONE AGE vainqueur par K.O. Un grand concert d’un grand groupe.

Setlist QUEENS OF THE STONE AGE :
« Regular John »
« If I Had a Tail »
« Monsters in the Parasol »
« My God Is the Sun »
« Feet Don’t Fail Me »
« The Way You Used to Do »
« You Think I Ain’t Worth a Dollar, but I Feel Like a Millionaire »
« No One Knows »
« The Evil Has Landed »
« Smooth Sailing »
« Domesticated Animals »
« Make It Wit Chu »
« 3’s & 7’s »
« Little Sister »
« Go With the Flow »
« A Song for the Dead »

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NEKFEU

Main Stage

Après une telle claque, assurer le prochain concert n’est aisé pour personne. Pourtant, même si le site s’est clairement vidé, le public qui attend NEKFEU est prêt à relever le défi. Si sur album j’ai toujours eu un peu de mal avec le rappeur, j’avais toujours dans l’idée que rien ne vaudrait une expérience en live. Voyons donc ce que ça va donner, surtout que c’est mon premier concert de rap.

Le rappeur commence son show dans le crash, au contact des spectateurs avec « Humanoïde », au beat lourd et pesant. Tout de suite, on constate que tout le monde connaît les paroles par cœur et les gueule avec une justesse toute relative, mais une passion qui force le respect. Ce titre confirme d’ailleurs ce que j’ai souvent pensé : les meilleurs titres de NEKFEU ne sont pas les plus connus. Ici sa plume est affutée et on ne peut que s’incliner tant sa maîtrise des mots fait passer toute sorte d’émotion à la fois. On continue avec « Mauvaise Graine », qui malgré l’Autotune possède une force inarrêtable, aidée par le fait que le flow du MC est ce soir incroyable : clair, précis et largement plus abordable que sur album.

En deux morceaux, je suis conquis. Il faut dire que derrière les platines et les claviers, DJ Elite et Hugzhefner abattent un taf incroyable, en balançant des beats à l’impact manifeste. Leur association sublime les prods et plus d’une fois on se surprend à simplement se laisser porter par le son et laisser aller son corps en rythme pour conserver, l’espace d’un instant, égoistement, ces rythmes, ces boucles et ces nappes de claviers éthérées… Mais surtout ils mettent en valeur des textes qui marquent profondément quiconque y fait réellement attention.

La technicité de NEKFEU reste l’une de ses principales armes et sa capacité à jouer sur la prononciation pour créer des allitérations et des schémas de rythmes dès qu’il en a l’occasion est incroyable. Le novice que je suis a été bluffé par des détails que j’avais ratés lors de mes écoutes (genre sur « Nique Les Clones », qui est l’un des meilleurs sons de ces 10 dernières années). Si la scène reste épurée, les deux murs de lumières disposés de part et d’autres des platines, sont du plus bel effet et les jeux qu’ils permettent donnent à l’ensemble un aspect visuel qu’on n’aurait pas soupçonné. Alors que tout ça s’enchaîne sans accroc, NEKFEU est rejoint par DOUMS, autre membre du collectif L’ENTOURAGE, et est manifestement ravi de partager la scène avec son pote. Malgré des ambiances sombres omniprésentes et des textes graves, le plaisir pris par tous les artistes présents sur scène est contagieux et le rappeur ne manque jamais une occasion de faire participer son public. Et si on sourit régulièrement en notant quelques tics de langage qui frisent le stéréotype (oui, après la 50eme fois j’ai bien compris qu’on était « la famille »), on ne lui en tient pas rigueur devant le bon moment qu’on passe.

Le temps file, sans aucun temps mort ni longueur, et il nous faut déjà filer sur la Green Room, pour aller profiter de PAUL KALKBRENNER. Mais ce soir il est indéniable que NEKFEU a confirmé son statut dans le rap français, et je n’ai qu’une seule envie : le revoir sans coupure.

Setlist NEKFEU :
« Humanoïde »
« Mauvaise graine »
« Squa »
« Martin Eden »
« Nique les clones, Part II »
« Galatée »
« Esquimaux »
« Tempête »
« Egerie »
« Saturne »
« Ma dope »

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PAUL KALKBRENNER

Green Room

C’est donc avec une certaine frustration (quelle sorte de sadique fait se chevaucher des concerts sur uniquement deux scènes ?) que je me place à une distance raisonnable de la scène pour le set de PAUL KALKBRENNER, mon premier vrai concert d’electro. Quand je vous disais que c’était l’édition des premières fois…

Et je me dois de vous faire encore un aveu, il est très difficile de faire justice à ce show. Déjà parce qu’une petite partie du public, qui a un peu trop fêté les victoires au foot, se montre un peu relou et m’empêche de profiter du début du set. Pourtant dès les premières boucles il ne fait aucun doute qu’on va assister à quelque chose de spécial. Tout d’abord, le berlinois détruit l’idée que faire de l’electro c’est juste appuyer sur un bouton et balancer les bras en l’air à la David Guetta ou autres DJs de soirées survendus. Chose surprenante, il est constamment en mouvement derrière son imposant matériel (deux impressionnantes consoles de mixages, un échantillonneur et un ordinateur). On finit par comprendre que chaque balancement d’épaule, battement de pied, hochement de tête ou expression faciale, chaque frémissement de main, annonce un nouveau son, un sample ou une boucle. Pour peu qu’on ait déjà touché à une console, on sait à quel point le moindre réglage de potentiomètre est crucial, et le voir en manipuler autant à la chaine, sans jamais se tromper ou déséquilibrer des morceaux qui ne tiennent qu’à un fil, reste impressionnant. Le remix de « Te Quiero » de STROMAE est incroyable, le DJ se réapproprie totalement le morceau pour lui donner une nouvelle vie, en sublimant son côté désabusé et sciemment répétitif.

En plus de tout ça, on se demande du début à la fin si il a aussi le contrôle sur les lumières, tant elles correspondent parfaitement à ce qui se passe sur ce petit bout de scène. Derrière lui un écran géant est connecté à deux caméras, une posée face à lui et l’autre sur sa droite. On assiste donc régulièrement à des moments visuels étranges. En utilisant le retard de l’écran, la réal réussit à donner l’impression qu’on a affaire à plusieurs musiciens qui se parlent et se répondent à travers leurs mimiques, simplement parce que l’expression du visage n’est pas la même entre scène et écran.

Il se paye même le luxe de continuer à mixer, en s’allumant une cigarette sur « Part Four ». Mais le plus gros problème, c’est que j’ai vécu ce concert comme une expérience très personnelle. Dans sa façon de mixer, PK invite à la communion en tête à tête. Ses morceaux semblent construit pour s’adresser à chacun de manière unique, pour réveiller des émotions qui sont propres à l’individu. De manière surprenante, sa musique est à la fois oppressante et libératrice. Son dernier album porte très bien son nom « Parts Of Life », chaque extrait semble faire référence à un épisode différent de la vie, positif ou négatif, comme si le DJ nous connaissait personnellement et nous racontait notre propre existence. Sans vraiment que l’on puisse y faire quoi que ce soit, on se retrouve enveloppé par des ambiances et des sonorités qu’on ne peut que s’approprier. On sourit lorsque l’on reconnaît des classiques que l’on savoure et qu’on laisse son corps s’exprimer sans limite, sans retenue. En fait, devant PAUL KALKBRENNER, on s’oublie, l’espace d’un instant, dont on voudrait qu’il dure, encore et encore, jusqu’au bout de la nuit…

Setlist PAUL KALKBRENNER :
« The Flute Song » (remix de KID SIMIUS)
« Battery Park »
« Part Three »
« Te Quiero » (remix de STROMAE)
« Part Five »
« Torching / Gigahertz »
« Part Four »
« Part One »
« Bengang »
« Part Eight »
« Sky And Sand »
« Part Thirteen »
« Gebrunn Gebrunn »
« Altes Kamuffel »
« Feed Your Head »
« Part Two »
« Aaron »

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BLACK FOXXES

Green Room

Bon ça tombe mal mais je me dois d’être honnête avec vous. Le rock alternatif anglais, post-OASIS, m’a toujours emmerdé au plus haut point. Mais bon BLACK FOXXES possède visiblement des qualités et sa popularité commence à pas mal grandir. Je décide donc de leur laisser une chance, surtout que leur dernier album montrait du mieux.

Sauf que je regrette un peu après coup, en fait. Déjà le groupe se produit sous un soleil de plomb et une chaleur assommante, ce qui ne met pas forcément dans les meilleures conditions du monde pour apprécier. Toutefois la prestation d’Anthony Thornton est à applaudir. Malgré des rythmiques trop souvent répétitives sur album, le batteur réussit à faire danser tout le monde avec son jeu simple et élégant, sans vraiment de prises de risques. Il fait le taf, avec juste ce qu’il faut d’énergie pour la transmettre au public. Ce sont ses parties qu’on mémorise instantanément et qui donnent son efficacité à la musique de BLACK FOXXES. Surtout qu’il est accompagné par le très appliqué et très discret Tristan Jane.

Au contraire de son camarade, tout en rondeur, le bassiste joue de manière très incisive et affutée dès qu’il est mis en avant. On tend attentivement l’oreille pour reprendre une dose de ce métronome à quatre cordes à la précision remarquable. Parfois trop concentré, on le sent trop en retrait, et m’est avis qu’il gagnerait à s’exprimer un peu plus. Malgré tout, il est sans doute ce que je préfère dans la prestation des britanniques et confirme son importance au sein du trio. Il n’y a qu’à écouter à quel point « I’m Not Well » tombe à l’eau pour réaliser qu’il est la pierre angulaire qui rend BLACK FOXXES intéressant.

Parce qu’une fois qu’on a pris le pouls d’une section rythmique fort sympathique, il faut se pencher sur le cas de Mark Holley. Ce qui se fait en à peine deux morceaux : le chanteur guitariste est insupportable. Tout simplement. Cliché du rockeur suffisant, péteux et blasé, il bousille la moitié des morceaux avec un chant plus qu’approximatif qui en fait des tonnes pour rien. Dès qu’il tente d’insuffler de l’émotion à ses lignes, en se mettant à la limite du cri ou en se brisant la voix, il est dissonant, voire totalement faux. Surtout que les chansons n’en ont pas besoin, et perdent tout leur intérêt à cause de ça. Aucun mal à donner dans le rock dépressif, mais assumez jusqu’au bout les copain. C’est soit ça, soit il ne s’entendait pas, parce que vu à quel point il maltraite sa guitare pour en sortir des sons (?) qui n’ont rien à faire la, on peut se poser la question. A tel point qu’à plusieurs reprises, je me suis dit que l’ingé son a coupé la guitare pour ne laisser que la basse et je l’en remercie.

C’est dommage parce que leur musique est bien foutus et mérite bien mieux que ça. En l’état, c’est juste un concert raté, et la cause de cet échec est très facilement identifiable. Quoi qu’il en soit, la prochaine fois, ce sera sans moi.

Setlist BLACK FOXXES :
« Breathe »
« Husk »
« I’m Not Well »
« Sæla »
« Manic in Me »
« Oh, It Had to Be You »
« Lovesong » (Reprise de THE CURE)
« River »
« Maple Summer »
« Joy »

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BASEMENT

Green Room

Ce qui est bien en festival, c’est qu’on découvre des groupes qu’on n’aurait jamais imaginer apprécier. Par exemple, en voyant une photo de BASEMENT, j’ai cru à un autre groupe de rock alternatif anglais basique et standardisé. Sauf qu’au fil des écoutes, j’ai été surpris par la musique proposée par BASEMENT. J’ai donc vraiment hâte de voir ce que donne le quintet sur scène. Il fait toujours aussi chaud, et je manque de m’endormir plusieurs fois avant que le concert ne commence, mais un petit vent se lève juste au bon moment et rafraichit un public qui pousse un soupir de soulagement.

Premier constat, le show est très bien construit, avec un bon équilibre entre une énergie adolescente, à la limite de la nonchalance et des phases plus calmes, introspectives, mais presque jamais longues. Il faut dire que le trio formé par Ronan Crix et Alex Henery aux guitares et Duncan Stewart à la basse, à défaut d’être monumental de technique et de virtuosité, sait juste envoyer au bon moment, pour provoquer la réaction la plus adéquate qui soit. Le meilleur exemple est d’ailleurs « Brother’s Keeper », dont la brève montée en puissance explose dans nos oreilles avant un freinage brutal mais pas désagréable. Les trois zicos sont parfaitement ensemble et cette précision fait plaisir à voir. Ils se montrent avant tout heureux de jouer et fiers de pouvoir défendre leurs compositions sur une scène. C’est cette niaque qui fait tout le charme de BASEMENT et le groupe se donne vraiment du mal pour séduire un public pourtant assez peu réceptif à leur musique. Il faut dire que si Andrew Fisher se montre très en voix, sa timidité fait sourire dès qu’il essaye de s’adresser aux festivaliers. Mais l’entendre passer sur plusieurs registres à chaque morceau permet de constater à quel point les chansons de BASEMENT sont travaillées pour le mettre en valeur. Le couplet de « Bad Apple » est superbe par son côté désabusé et sa mélodie accrocheuse et les parties vocales de « Promise Everything » sont remarquable d’intensité. En plus de tout ça les quatres musiciens ne ménagent pas leurs efforts et se donnent à fond du début à la fin pour transmettre leur energie au public. Sauf que ce travail est régulièrement sapé par James Fisher, dont le jeu de batterie, approximatif, rend une bonne partie de cette prestation poussive et peu engageante. Dès lors qu’il suit ses compagnons, ça va (la précision rythmique de Duncan Stewart, est à saluer sur ce coup-là), mais à partir du moment où il lui faut prendre le contrôle des choses et piloter un morceau, il se décale progressivement pour finir par perdre le rythme et être obligé de se recaler en forçant tout le monde à le rejoindre. Ainsi « Aquasun », pourtant un joli titre qui joue sur la dualité émotion vocale/puissance instrumentale, devient chiante à mourir et le démarrage de « Worth » est poussif à souhait. C’est dommage parce que ce n’est vraiment pas tout le temps, mais ça fausse complétement les cartes et ça empêche de vraiment rentrer dans la musique. C’est d’autant plus frustrant que comme pour BLACK FOXXES, c’est très bien écrit, et ça mériterait bien mieux que ce qui nous est proposé là… Reste le son, superbe et cristallin, qui atténue un peu la déception ressentie. A revoir éventuellement, en espérant que leurs problèmes de rythme et de batterie seront résolus.

Setlist BASEMENT :
Non Communiquée

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THE COURTEENERS

Main Stage

Bon, là je triche un peu c’est donc à l’ombre d’un arbre un peu à l’écart, en sirotant une bière bien fraiche en fermant les yeux, que j’ai profité à l’insu de mon plein gré, du concert de THE COURTEENERS.

Bah mon cochon, je m’y attendais pas du tout mais c’était vraiment sympathique. La formation n’est pas révolutionnaire pour deux sous. On reste dans le cadre d’une britpop très marquée par BLUR et RADIOHEAD avec tout ce qu’il faut de flegme à la limite du casse-couilles. Ça se sent particulièrement dans certains morceaux, qui manquent clairement d’une étincelle qui les feraient sortir du lot. Surtout qu’ils sont souvent précédés et suivis d’un morceau très intéressant qui me fait tendre l’oreille parce que c’est sympathique. Notamment « Are You In Love With A Notion » ou « No One Will Ever Replace Us » que j’ai retenus immédiatement et sur lesquels je hoche la tête en rythme. Il faut dire qu’une nouvelle fois la section rythmique brille complétement ce soir. Le duo basse batterie fait vraiment la force des Anglais. En plus, il est mis à l’honneur par le mix et les compositions pour mon plus grand plaisir.

Les guitares sont à l’image des compos, inégales et parfois poussives. Par exemple l’enchainement « The 17th » / « Modern Love » est assez caractéristique de ces variations de styles et de qualités, le premier s’essoufflant très vite, là ou le second reste dynamique du début à la fin. Vocalement, Jim Fray fait le taf correctement, sans plus, malgré certains refrains vraiment efficaces. Même de loin, grâce à une sono irréprochable à laquelle j’ai envie de faire des bisous, on est affectés par l’énergie que le quatuor dégage et je finis par me dire que sans cette chaleur et ce soleil, je serais surement allé y jeter un coup d’œil. Un concert que je n’avais pas prévu de voir, mais qui a éveillé ma curiosité, parfois inégal, entre tubes redoutables et morceaux plus qu’oubliables. A voir pour la suite…

Setlist THE COURTEENERS :
« Are You in Love With a Notion? »
« Cavorting »
« No One Will Ever Replace Us »
« Summer »
« The Opener »
« Lose Control »
« The 17th »
« Modern Love »
« Not Nineteen Forever »
« What Took You So Long? »

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DEPECHE MODE

Main Stage

Si mon amour de DEPECHE MODE et de la new-wave à claviers est devenu un gag récurrent au sein de la radio, il n’empêche qu’ils sont la principale raison de ma venue ce week-end. Mais malgré tous mes efforts, là je craque un peu. Le site est archi-plein, à tel point qu’on ne peut plus circuler entre les scènes ce qui reste extrêmement frustrant puisqu’on ne peut pas se placer correctement pour observer le concert comme on le voudrait. Oui je sais c’est le jeu, mais j’aime bien râler.

Je passerais sur les quadragénaires plus hystériques que les beliebers et les directionners réunis et qui hurlent dans les oreilles des autres spectateurs, sans se soucier du confort de tout le monde et sur les marées de portables qui sortent à chaque tube du groupe et se retrouvent juste devant mes yeux.

Je suis prêt à passer tout ça et à presque tout excuser. Pourquoi ? Parce que DEPECHE MODE. Juste ça. C’était monumentalement énorme. Tout y était, ou presque. Donc déjà juste les points négatifs : « Strangelove », « Heaven » et « People Are People » n’ont pas été jouées. C’est juste con mais c’est pas grave. Parce que pour tout le reste… DEPECHE MODE a juste roulé sur toute la concurrence et démontré en 1h30 pourquoi après 30 ans ils sont toujours au sommet. Alors oui je sais que je suis un gros fanboy, mais soyez assurés que je fais des gros efforts pour ne pas trop en faire. Avant même qu’il ait commencé à chanter, simplement en montant sur scène avec un grand sourire, Dave Gahan se met tout le public dans la poche. Public qui lui mangera dans la main jusqu’au bout du concert et lui obéira au doigt et à l’œil à chaque sollicitation. Il faut dire que le brun chanteur à la voix suave de baryton n’a rien perdu de sa superbe. Visiblement heureux de jouer pour nous, il en fait des tonnes. Il tourne sur lui-même, se frotte à son pied de micro, danse dès qu’il ne chante pas, harangue les spectateurs, les fait reprendre en chœurs des refrains entier… « It’s No Good » est instantanément devenu l’un de mes titres favoris, juste par sa puissance vocale et son charisme brut. Dès que quelque chose nous fait sortir du concert, sa simple présence nous ramène dans l’état d’esprit parfait pour reprendre l’écoute. Le chanteur sait aussi laisser le reste de la formation s’exprimer et dès qu’il libère de l’espace, c’est sur Matin L. Gore que se posent tous les regards. Je dois admettre que ce soir le multi instrumentiste m’a impressionné. Ses parties de guitares sont superbes, et sont bien plus mise en avant que sur album, ce qui change radicalement certains morceaux, toujours en bien. Genre le riff de « Enjoy The Silence », bien plus organique qu’à l’accoutumée, passe de beau à magnifique juste par la délicatesse avec laquelle il le joue. Mais surtout, c’est son interprétation sur le fil de « Somebody », titre injustement méconnu, sur lequel il est seul sur scène avec Peter Gordeno et ou sa voix cristalline fait des merveilles. Les mots me manquent pour bien exprimer ce que j’éprouve en l’entendant. Puis, derrière il y a la troisième tête du groupe de Basildon : Andrew Fletcher. S’il ne décroche que deux ou trois sourires de tout le concert, on sent, à sa posture et son attitude qu’il est bien là, et qu’il est tout à ce qu’il fait. Il est phénoménal aux claviers. Avec lui, des mélodies qu’on connait par cœur prennent des dimensions encore plus dansantes et accrocheuses. Homme de l’ombre, sa discrétion est loin d’être un manque d’implication, et les nombreux jeux de regards entre lui et Gahan montrent bien à quel point il reste important dans l’équilibre de la formation. Sur « Never Let Me Down Again » il se lâche d’ailleurs un peu, emporté lui aussi par la mélodie et ces lignes de claviers entêtantes. Rien qu’avec ça j’aurais été satisfait mais ma mâchoire s’est décrochée quand j’ai pu profiter des deux musiciens additionnels. Peter Gordeno est un monstre, au piano comme mentionné précédemment, mais également à la basse, comme sur « A Pain That I’m Used To ». Il fait du remix joué ce soir un morceau largement plus impressionnant que l’original juste en jouant ce riff en boucle, avec une précision et une légèreté qui force le respect. Il est tellement bon et tellement bien intégré à la formation que sa présence va de soi. D’ailleurs quand on le voit et qu’on note également la présence de Christian Eigner, on finit par oublier que DEPECHE MODE est un trio, tant la formation quintet semble être la plus efficace possible. Et parlons-en de ce batteur. C’est quoi ce monstre ? Le mec cogne plus fort que pas mal de frappeurs de metal, à tel point que sur « Going Backwards », Shyanna aura une réaction de surprise et me demandera si on entend autant la batterie sur les albums. Tout au long du concert il met tout le monde au pas, impose le rythme sans jamais sourciller et envoie une énergie de malade dans chacun de ses coups. Une révélation qui participe à cette transformation des morceaux de DEPECHE MODE, de l’électronique froide à un rock plus chaud, plus intense dont l’impact est indéniable. Le son est l’un des meilleurs que j’ai jamais entendu en festival, puissant, clair et précis. Si il est parfaitement adapté au style du groupe, il n’est jamais trop fort et même sans les bouchons, je ne suis jamais incommodé par le volume (NdG : le lendemain, pas d’acouphènes, à ma grande surprise). La dessus, la formation déroule un show qui file à la vitesse de la lumière, peuplé de tubes intemporels et de refrains inscrits dans les mémoires collectives. On savoure chaque morceau et on se régale des bandes vidéos qui passent sur les écrans géants en soutien de certains (notamment « Walking In My Shoes » avec un clip superbe). Quatre-vingt-dix minutes de pur bonheur, offert par un groupe immense qui a tout donné pour son public et a surement convaincu quelques sceptiques. A voir dès que vous pouvez.

Setlist DEPECHE MODE :
« Going Backwards »
« It’s No Good »
« A Pain That I’m Used To » (Jacques Lu Cont remix version )
« Precious »
« World in My Eyes »
« Cover Me »
« Somebody »
« In Your Room »
« Everything Counts »
« Stripped »
« Personal Jesus »
« Never Let Me Down Again »
« Walking in My Shoes »
« Enjoy the Silence »
« Just Can’t Get Enough »

Lien vers le site du groupe

Bilan quasi parfait donc pour cette première fois au main square festival. L’orga était au poil et les bénévoles omniprésents, souriants et réactifs, surprennent quand on est habitués à d’autres festoches.

Niveau bouffe on est dans la moyenne des prix (y compris sur les foutages de gueule apparents) mais la qualité était là, rien à dire. Le cadre de la citadelle d’Arras est idyllique, même si la poussière de brique et terre battue de la Main Stage défonce les sinus au bout d’un moment.

Pour ce qui est des concerts, je tiens avant tout à saluer l’équipe technique. Je n’ai jamais eu à me plaindre du son, c’était génial et j’ai vraiment pu profiter de tout bien comme il faut. Le seul énorme point noir vient des concerts qui se chevauchent. Cinq minutes pourraient passer, mais 25 minutes c’est beaucoup, beaucoup trop, et ça détruit totalement les deux concerts.

A part ça et les problèmes habituels liés à une frange sans gêne du public (toujours minoritaire, mais tellement chiante) et surtout au fait qu’il y avait vriament trop de monde par rapport à la taille du site, je n’ai pas grand-chose à redire. Une machine bien huilée qui roule comme il faut, mais qui gagnerait à privilégier un peu le confort des spectateurs plutôt que le remplissage bête et méchant.

Une expérience rafraichissante et globalement positive, qui élargit les horizons. Et puis entendre des adolescents se vanter de l’intensité des pogos de NEKFEU fait sourire le fan de NAILS que je suis.

Live Report : Gus. Photos : Shyanna et photos du site du Main Square.
Setlists : setlist.fm / livetracklist.com


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