DEE SNIDER est toujours aussi engagé.

Ecrit par le 9 décembre 2016

Si en France il est avant tout connu comme le chanteur du groupe de glam TWISTED SISTER, aux Etats-Unis, Dee Snider est une figure reconnue de la lutte pour la liberté d’expression. Son discours enflammé devant le congrès américain, en 1985, au sujet de l’ajout du sticker « Parental Advisory » sur les pochettes d’albums fait partie intégrante de l’histoire du rock.

dee-snider-1985
dee-snider
dee-snider-twisted-sister

Aujourd’hui, le chanteur fait de nouveau parler de lui en publiant « We Are The Ones » son troisième album solo via le label Red River Records. C’est de cet album qu’est extraite la chanson « So What ». La vidéo du morceau, réalisée par son fils Cody Snider apporte son soutien aux manifestants de Standing Rock, une réserve indienne Lakota située dans le Dakota du Nord.

Tout commence en Avril 2016. Lorsque que l’ainée de la Tribu Sioux de la réserve, LaDonna Brave Bull Allard, décide d’entamer la construction d’un campement en limite de réserve, sur le site de construction du projet d’oléoduc « Dakota Access Pipeline ». Le but de ce campement est de protéger l’héritage culturel et spirituel de la tribu. En effet, le tracé du pipeline, qui passe sous la rivière Missouri à 800m de la réserve, présente un risque majeur de pollution des eaux et de destruction de terres sacrée en cas de fuite.

Durant l’été, les manifestations des américains natifs font l’objet de beaucoup d’attention de la part des médias et les Sioux sont rejoints par plus de 80 tribus venant du reste du pays. Au fil des mois les arrestations se multiplient, et David Archambault II, le chef de la réserve sera brièvement placé en détention. Le 03 Septembre, jour férié aux USAs, Energy Transfer, la société responsable de la construction du pipeline fait appel à une société de protection privée afin de protéger les travaux. Une tranchée de plus de 3km a été creusée dans des zones contenant possiblement des tombes Sioux, tandis que des manifestants sont arrosés de gaz lacrymogènes et mordus par les chiens de garde.

A la mi-Octobre, on dénombre plus de 140 arrestations et les récits de brutalité policière se multiplient. Le 20 Novembre, la police et la garde nationale se livrent à une opération de dispersion des manifestants et des journalistes. Le 04 Décembre le Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis, en charge de l’évaluation du projet, annonce le mettre en attente afin que de nouvelles routes de construction soient trouvées. Toutefois Energy Transfer a annoncé sa volonté de terminer la construction de l’oléoduc selon la route prévue.

L’équipe de tournage était venue filmer les différents camps de manifestants au cours du mois de Novembre. Le but était de montrer les visages des amérindiens et de témoigner des tensions entre la contestation et forces de l’ordre. Le 20 Novembre, ils ont été pris dans l’opération de nettoyage. Ils racontent que durant neuf heures, ils ont vu la police faire usage de canons à eau (par -2°C), de gaz lacrymogènes, de flashballs et de grenades incapacitantes. L’utilisation de ces armes a mené à de nombreuses blessures et hypothermies. Malgré les badges de presse et l’équipement vidéo, l’équipe s’est fait également gazer et a essuyé des tirs. Si aucun de ses membres n’a été blessé, une manifestante de 21 ans, Sophia Wilankski, perdra un bras ce jour-là.

Dee Snider a depuis expliqué que son fils et le reste de l’équipe seront marqués à jamais par ce qu’ils ont vus et vécus, et que cette chanson est encore plus un moyen pour lui d’exprimer son soutien à tous ceux qui sont menacés par l’avidité des autres.

Compte tenu de ce contexte particulier, la chanson et les images l’accompagnant prennent un sens particulier et « So What » s’avère l’une des vidéos les plus fortes et intenses de 2016.


L'avis des lecteurs

Répondre

Votre adrésse mail ne sera pas publiée Les champs requis sont indiqués *


Real Rebel Radio

La Voix du Rock

Current track
TITLE
ARTIST

Background