AMERICAN DOG + SKINNY MOLLY + BLUE COUPE

Ecrit par le 8 novembre 2014

Dès que j’ai su que certains des meilleurs anciens membres de deux des plus grands groupes de tous les temps avaient formé un trio, mon devoir était de les écouter. Quand on m’a dit qu’ils jouaient à Paris j’ai su que je devais y aller.

C’est des pour ces raisons que nous sommes allés au Divan Du Monde pour voir BLUE COUPE, SKINNY MOLLY et AMERICAN DOG par une pluvieuse soirée de dimanche.

BLUE COUPE

Dès les balances, il est clair que BLUE COUPE est la pour le fun. L’équipement est à la bourre ? On reste calme, et on regarde Joe Bouchard sortir son Ipad pour transformer la salle en discothèque (forçant Denis Dunaway à « quitter » le groupe). Heureusement tout est prêt à temps pour le concert.

Et quel concert ce fut… Mélangeant des chansons de BLUE OYSTER CULT, ALICE COOPER et de leurs deux albums, BLUE COUPE prouve qu’on se fout de l’âge, seul le rock and roll compte.

C’est même dur de déterminer qui mène le groupe vu la relation d’égalité et de symbiose entre les musiciens. Écouter les classiques absolus que sont « I’m Eighteen » et « Cities On Flames With Rock And Roll » est toujours un plaisir, mais c’est encore meilleur ici parce qu’ils s’approprient la chanson, avec un son plus moderne, et l’interprétation en trio. Cette configuration démontre tout le talent de guitariste de Joe Bouchard, qui joue à la fois le lead et la rythmique sans un seul couac de tout le set. L’écouter chanter le single « Hallows Grave » (chantée sur album par Alice Cooper) est étonnant au début, étant donné leurs voix différentes, mais son registre est suffisamment vaste pour offrir une version complétement différente de la chanson.

Le voir à coté de Dennis Dunaway est l’une des meilleures choses qui soient, parce que le bassiste d’Alice Cooper est surement le performer le plus hilarant que j’ai vu depuis longtemps. Il joue avec tout ce qui porte une caméra et souris en permanence, le tout en faisant groover sa basse accrocheuse, même sur les lignes les plus simples, particulièrement sur « You (Like Vampires) » dont la mélodie entêtante est difficilement oubliable. Son solo le voit passer du classic rock au psychédélisme pur mais avec une telle mise en scène que tout le monde finit par rire et sourire, en voyant ce grand escogriffe faire les bruits qu’il veut avec sa quatre cordes, juste parce qu’il en a envie.

Enfin, ce soir, j’ai pu assister à un cours de batterie. Albert Bouchard m’a prouvé, définitivement, qu’on se contrefout de la puissance, quand on bat juste. Malgré deux pains sur le premier morceau, ce batteur est hypnotisant, distribuant le groove et l’énergie à tout le monde dans la salle. Je me suis surpris à danser en rythme à cause de lui, son jeu étant plus bluesy et fluide que jamais. Des cognements de « Godzilla », au son aérien d’ « Astronomy » jusqu’au moderne « You (Like Vampires) », son charisme et sa présence donnent au set une touche chaude, qui ne s’estompe pas durant un solo bref mais efficace.

Décrire ce concert parfaitement, est impossible tant l’alchimie entre ces trois amis est palpable et belle à regarder. BLUE COUPE mélange d’une main de maître, la nostalgie et la modernité, rendant pertinente chacune de ses propres chansons en démontrant une capacité d’écriture toujours au top. J’en viens à espérer une tournée avec une première partie composée de leurs anciens tubes et une seconde moitié faite de leurs nouveaux morceaux. Même avec juste une heure, et grâce à un son parfait, l’affaire est entendue, c’est un concert dont tout le public parlera longtemps.

Setlist BLUE COUPE :
Non communiquée

Lien vers le site du groupe

SKINNY MOLLY

Après une courte pause, c’est au tour de SKINNY MOLLY de monter sur scène. Le groupe, formé en 2004 par Mike Estes (ex-LYNYRD SKYNYRD), propose un mélange intéressant de country et de rock sudiste. Malheureusement, une guitare désaccordée ruine complétement les deux premières chansons, surtout pendant les solos, ce qui rend impossible toute immersion dans la musique.

Une fois ce problème résolu, le show peut commencer. Les fans du combo en ont visiblement pour leur argent et le quatuor s’améliore de morceau en morceau. La complicité entre Jay Johnson et Mike Estes est visible, surtout lors des duels de guitare où leurs racines sudistes se font clairement sentir. Tout bon fan de rock sudiste vous dira que même si la guitare est l’élément le plus important de la musique, on ne fait pas un bon groupe sans un bon bassiste, et c’est exactement ce que l’on a avec Luke Bradshaw, qui reste discret mais terriblement efficace. Celui-ci balance un flux rythmique permanent qui élève la prestation de ses partenaires. Même Kurt Pietro qui, au début, donne l’impression d’être crevé et de se faire un peu chier, porté par ses camarades, est de plus en plus à ce qu’il fait.

Un autre point fort de la prestation de SKINNY MOLLY est sa setlist, mélangeant de bons morceaux de leurs propres albums avec une excellente reprise de « Wishing Well » de GARY MOORE et un « Free Bird » absolument épique en clôture. Malheureusement, les voix sont mixées beaucoup trop bas et le reste des instruments est un peu trop fort. On ne profite donc pas toujours de refrains que l’on entend trop peu, mais le public s’en moque, et il est clair que les fans du groupe ont eu précisément ce qu’ils voulaient ce soir.

Setlist SKINNY MOLLY :
Non communiquée
Lien vers le site du groupe

AMERICAN DOG

Après un entracte encore plus court que précédemment, il est temps pour AMERICAN DOG de clore cette soirée de rock and roll. Dès la première note, il est clair que lest américains n’ont qu’un seul mode : à fond. Ils prennent littéralement d’assaut la scène du Divan du Monde avec une énergie implacable et un hard rock puissant. AMERICAN DOG électrifie la salle en un seul morceau et pour tout le concert, surtout grâce au frontman de fou qu’est Michael Hannon dont la seule présence derrière le micro et la basse suffit à tout péter sur son passage.

Je dois admettre que leur dernière pochette d’album est une bonne représentation du concert que l’on a vu : direct, sans fioritures, juste un gros moment de rock and roll offert par un groupe qui réussit à faire sonner sa musique comme une journée passée à moto sur une piste poussiéreuse. Leurs riffs sont parmi les plus traditionnels du genre mais ils y mettent tellement d’énergie, de puissance et de volonté, qu’il est impossible de ne pas y accrocher. N’ayant pas encore écouté « Neanderthal », leur dernier album, j’ai été plutôt surpris par les nouveaux morceaux, plus punk qu’à l’accoutumée. La formation montre ainsi que même sans se réinventer, elle parvient à évoluer, ce qui rend le concert si rafraichissant qu’on ne voit pas le temps passer.

Si vous êtes un fan de hard rock et que vous avez besoin d’un concert pour vous péter les cervicales et profiter d’un bon moment entre amis, AMERICAN DOG est juste ce qu’il vous faut.

Setlist AMERICAN DOG :
Non communiquée.
Lien vers le site du groupe

Crédit phots : Shyanna.


L'avis des lecteurs

Répondre

Votre adrésse mail ne sera pas publiée Les champs requis sont indiqués *


Real Rebel Radio

La Voix du Rock

Current track
TITLE
ARTIST

Background