KARMA TO BURN + HONKY + COFFIN ON TYRES

Ecrit par le 23 septembre 2012

Pour tout fan de stoner, KARMA TO BURN est un groupe avec une aura particulière pour la bonne et simple raison qu’il est le plus fier représentant du stoner instrumental. Vu mon amour et ma dévotion totale à ce groupe, je ne pouvais donc pas manquer cette venue parisienne. Bon ok, le groupe virginien vient tellement souvent dans la capitale que j’aurais pu le louper, mais les risques et moi, ça fait deux.

COFFIN ON TYRES

Pour ce premier concert au Glazart, nous sommes accueillis par les parisiens de COFFIN ON TYRES, qui force m’est de l’admettre, sont totalement inconnus au bataillon. Le groupe, formé en 2008, est armé d’un premier album autoproduit (« Red ») qu’il vendra 5€ au merchandising et présentera de nouvelles compos tout au long de la soirée. Musicalement, le quintet donne dans un stoner efficace et honnête… Mais pas original pour deux sous. L’ambiance lourde posée en tout début de set peine parfois à convaincre et empêche les gens de rentrer dans le show. Si Geoff, leur chanteur, fait tour à tour penser à Neil Fallon et John Garcia, son utilisation du mégaphone rend certaines chansons difficilement supportables. Pourtant ils se démènent et la fin du concert verra un vrai regain d’énergie qui sauvera le tout, avec des solos et des riffs plus affutés et un batteur qui bien que tapant souvent trop fort se montre capital pour le son de la formation.

Si on a trop souvent l’impression que chaque musicien peine à trouver sa place sur une aussi petite scène, on ne peut qu’apprécier la diversité des nouvelles compos présentées par COFFIN ON TYRES. Un concert en demi-teinte donc, mais qui laisse présager d’un beau potentiel encore trop peu exploité.

HONKY

Après ce petit temps de chauffe, place au trio texan du jour : HONKY. Si COFFIN ON TYRES donnait parfois l’impression de se faire chier, HONKY se situe à l’opposé de tout ça. Petit exemple avec cette phrase d’intro balancée par Jeff Pinkus, bassiste tatoué et émérite du groupe : « Bonsoir, c’était karma to burn, ca sera le dernier morceau de la soirée, merci d’avoir été avec nous ce soir. A bientôt. » Oui l’humour sera au rendez-vous tout du long.

Le groupe donne dans un hard rock sudiste aux forts relents de stoner. Le rythme est enlevé, et les titres s’enchainent à une vitesse assez folle. On tape du pied en headbanguant tout au long du show et on se marre en écoutant les conneries débitées par Jeff Pinkus (ancien bassiste des BUTTHOLES SURFERS, pour les connaisseurs). Morceau choisi : « Ouais on est content de revenir chez nous, parce qu’on est un vrai groupe d’ici : On est de Paris, Illinois ! ». La banane de Bobby Ed Landgraf (guitare) est communicative, de même que ses riffs et ses solos qui transpirent le rock’n’roll pur et dur. Au final, un démontage en règle du classique de PAT TRAVERS « Snortin’ Whiskey, Drinkin’ Cocaine », sur lequel Will Mecum viendra, tout sourire, chanter un petit refrain, et une setlist aussi rafraichissante qu’orientée (« Love To Smoke Your Weed », ça veut tout dire).

Le son est puissant mais pas trop fort, mettant bien en valeur la qualité du jeu des trois compères (cette batterie est un régal). Seul défaut la voix est souvent inaudible, mais on en a cure ici. HONKY a donc conquis Paris avec un son surpuissant, des supers chansons et une bonne humeur contagieuse. Une superbe révélation, et un groupe que je m’empresserai d’aller revoir quand l’occasion se présentera.

Setlist HONKY :
« Buckle Bunny »
« Gittin’ It »
« Corduroy »
« Don’t Shoot »
« Undertaker »
« Smokin’ Whiskey »
« Good Pipe »
“Love To Smoke Your Weed »
« I Just Might Shoot Somebody »
« Smokin’ Weed With Helios Creed »
Lien vers le site du groupe

KARMA TO BURN

Dernière petite pause ou je profite de la présence de Bobby Ed au stand merchandising pour en apprendre un peu plus sur HONKY (je découvre qu’il est aussi roadie pour DOWN, ce qui lui vaudra de revenir au mois d’Octobre), et les hostilités reprennent. KARMA TO BURN, la légende de Virginie est bien la. Enfin presque là… Car Rob Oswald n’est plus derrière la batterie, remplacé par un illustre inconnu (j’apprendrai qu’il s’appelle Evan Devine, via un obscur message sur le twitter du groupe).

En revanche, Rich Mullins et son minois de chat sauvage et Will Mecum avec sa tronche de routier pochetronné, sont bien de la partie. Le Glazart est bien rempli, et le concert peut commencer. Et quel concert mes aïeux… On ouvre sur deux des plus gros classiques du group « Eight » et « Nineteen » (1) et déjà la salle est en éruption. En trois notes la température monte de plusieurs degrés.

Toutes les craintes sont apaisés, le sieur Devine a une frappe qui, bien que très différente de celle de son prédécesseur, est d’une fluidité et d’une précision qui laissent pantois. Mecum tisse tout au long du show une toile de riffs subtils et superbes, Mullins s’amuse à faire trembler toute la salle avec son jeu de basse aussi puissant que délicat. Les classiques s’enchainent avec « Thirty-Four » puis « Forty-Seven » et on a l’impression d’assister à un vrai petit best-of, qui malheureusement exclura trop « V », dernier album en date. Le groupe annoncera aussi « Fifty-Three » une nouvelle compo absolument irrésistible, qui laisse présager du meilleur pour un futur album. Le son est au delà du surpuissant et si l’on notera le manque de communication verbal entre le groupe et le public (Will Mecum ne prendra que deux fois la parole, et vu son accent de virginien imbibé, on ne comprend rien de toutes façons) l’échange est purement musical.

Le public est en transe, votre serviteur aussi. La puissance de KARMA TO BURN est totale, on ressent chaque note, plan, riff et frappe. Certains groupes devraient en prendre de la graine. Après cinquante minutes d’intensité brute, le groupe sort de scène. Il reviendra quelques minutes plus tard pour un rappel survolté « One » puis « Twenty » durant laquelle Pinkus et Landgraf de HONKY monteront sur scène pour faire les cons. KARMA TO BURN enterre donc toute concurrence dans son domaine, avec ce show aussi intimiste que démentiel. Si les gens se demandent pourquoi il existe un tel lien entre K2B et son public, cette soirée seule servira à leur répondre.

(1) Le groupe considère qu’il ne fait pas vraiment des chansons, et du coup ne voit pas l’intérêt de leur donner un titre, d’où les numéros.

Setlist KARMA TO BURN :
« Eight »
« Nineteen »
« Thirty-Four »
« Forty-Seven »
« Three »
« Fifty-Three »
« Thirty »
« Thirty-One »
« Thirty-Two »
« Seven »
« Twenty-Eight »
Rappels :
« One »
« Twenty »

Lien vers le site du groupe

Les photos utilisées proviennent des sites suivants : le Parisien, www.concertandco.com www.lyricloungereview.co.uk/www.facebook.com fr.metalship.org/


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