SAINT VITUS – Lillie F-65

Ecrit par le 31 juillet 2012

Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Qui sont-ils pour me juger ? Ils ne sont rien et ne me connaissent pas. Et pourtant tous me dévisagent de leurs yeux pleins de pitié. Pourquoi toute cette souffrance, pourquoi à moi ? A quoi cela sert-il ? Je suis seul, c’est tout ce qui compte. Je n’ai plus qu’une seule envie, hurler. M’arracher les cordes vocales, la gorge et les poumons, jusqu’à ce que ce mal qui me ronge m’ait totalement détruit. Hurler pour me libérer, hurler pour m’isoler. Crier que j’ai mal, attendant une main salvatrice qui je le sais n’arriveras jamais, tandis que je continuerais de tomber seul vers les limbes de l’oubli et du tourment.

SAINT-VITUS-Lillie-F-65

Sorti le 27/04/2012 sur Season of Mist.

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Tracklist :

01. Let Them Fall
02. The Bleeding Ground
03. Vertigo
04. Blessed Night
05. The Wase Of Time
06. Dependence
07. Withdrawal

Line-up :

Scott « Wino » Weinrich (Chant)
Dave Chandler (Guitares)
Mark Adams (Basse)
Henry Vasquez (Batterie)

SAINT-VITUS-Band

Expérience de mort imminente.

Et ces yeux, qui continuent de me tourmenter, m’écorchant un peu plus chaque seconde, laissant la chair à vif, meurtrie et torturée alors qu’ils m’entrainent peu à peu dans leu chute… Ce poids me pèse tant sur les épaules. Cette masse insupportable qui m’empêche d’avancer comme je le voudrais au milieu de cette prison hurlante, symbole de notre propre folie, vecteur de douleur et d’agonie. Puissance divine et infernale à la fois. J’ai soif… J’ai mal… Mais je suis seul sur cette terre sanglante, qui hurle au désespoir à travers tout mon être, demandant que cesse le massacre de ses enfants. Ne l’entendez-vous pas vous vriller les tympans ? Elle vomit son dégoût pour mes semblables, elle me noie, me consume, m’écartèle dans un océan bouillonnant de terreur et de douleur. Privé de mes repères je ne peux qu’abandonner et me laisser faire, submergé par ses visions de cauchemars et de mort incessantes…

Alors que je suis entraîné vers le désert, brûlant et immense, sans savoir ou aller, pleurant doucement, martelant le sol de mes pas lourds et coupables. La raison me quitte un peu plus chaque seconde. Je suis seul, face à moi-même, mes tourments pour seuls juges, au tribunal de mon âme. Condamné attendant son jugement, sentant la mort approcher, craignant une issue que je sais inévitable. Marchant inexorablement vers un horizon que je ne saurais atteindre…

Ma rage me guide, à travers les étendues glacées que je rencontre, hantées par les vestiges de ceux qui m’ont précédé. Après le châtiment, voila que l’on m’offre la rédemption. Reine cruelle et sadique, que pourtant je ne saurais rejeter tant l’espoir est grand que tous mes maux s’arrêtent enfin. Un combat à mort dont je ne peux sortir vainqueur. Alors que mon destin se joue dans une nuit éternelle contre moi-même.

Ma fin m’est présentée, sombre et toute puissante. L‘inéluctable fatalité comme seul choix face à ceux que l’on ne peut vaincre tandis que les poings vengeurs d’autres parias rejoignent le mien, dressé et immobile, étendue compacte de colère brute, refusant de plier et de se courber. Force invincible qui s’avance sans peur vers les portes sombres de la fin des temps, armé d’un mince espoir de retour. Battant en cœur le rythme de notre révolte, dans un silence pieux et lourd.

Le miroir de l’espoir se dérobe une nouvelle fois, le mal reprend ses droits sur mon corps et mon cœur. Mon sang me brule, et me quitte inexorablement. Mon être n’est plus que souffrance et douleur, ma peau desséchée et lacérée se meurtrissant à chacun de mes cris, de mes appels à l’aide qui resteront sans réponse. Je n’entends même plus ma propre voix, noyée dans le bruit de mon âme qui m’est ôtée. Tel est le prix à payer pour avoir goûté à ce fruit interdit. L’espoir, l’amour, la vie me sont désormais interdites, fleurs magnifiques que j’ai troquées contre un éphémère bonheur mensonger.

Arrêtez par pitié, cessez de me tourmenter tous autant que vous êtes ! Cessez ce bruit qui me déchire pour l’éternité, laissez moi sortir d’ici, laissez moi libre. LILLIE, aide-moi ! LILLIE sauve moi, pour tout l’amour du monde, ne me laisse plus seul.

Le son s’arrête. Le disque est terminé. SAINT VITUS m’a dévoré. SAINT VITUS m’a sauvé.

Merci. Pour tout cela, merci.


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