FAIR TO MIDLAND – Arrows And Anchors

Ecrit par le 16 juillet 2012

L’auteur de cette chronique présente ses excuses à l’ensemble des professeurs de lettres et philosophie pour la phrase qui va suivre : De tous temps, les hommes ont cherché à définir le beau. Les philosophes ont bataillé pendant des siècles sur ce sujet et les critiques essayent toujours tant bien que mal de poser certaines frontières à cette notion. Pourtant tout le monde arrive à la même conclusion. LA définition du beau est avant tout une notion subjective. Certes, certains artistes font l’unanimité et il ne viendrait à personne l’idée de dire que Rembrandt était un mauvais peintre, ou Victor Hugo un mauvais écrivain.

Pourtant, jamais le beau n’a été aussi subjectif qu’en musique. Chacun apportant sa propre définition et ses propres attentes derrière cela. Que demandent les métalleux ? De l’émotion, de la puissance, et un intense sentiment de catharsis, comme pour se libérer de nos démons. Mais du beau ? Rarement. Alors, tout ce blabla pseudo-philosophique pour dire quoi ?

FAIR-TO-MIDLAND-Arrows-And-Anchors

Sorti le 11/07/2011 sur E1 Music.

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Tracklist :

01. Heavens To Murgatroyd
02. Whiskey And Ritalin
03. Musical Chairs
04. Uh-Oh
05. Amarillo Sleeps On My Pillow
06. A Loophole In Limbo
07. Typhoid Mary Sends Her Best
08. Short Haired Tornado
09. The Upset At Bailey Bridge
10. Rikki Tikki Tavi
11. Golden Parachutes
12. Bright Bulbs And Sharp Tools
13. Coppertank Island
14. Three Foolproof Ways to Buy the Farm
15. The Greener Grass

Line-up :

Darroh Sudderth (Chant)
Cliff Campbell (Guitare)
Matt Langley (Claviers)
Ryan Collier (Basse)
Logan Kennedy (Batterie)

FAIR-TO-MIDLAND-Band

Le beau à l'état brut, intense et sublime...

J’ai face à moi un album d’une beauté pure. D’une intensité que j’avais rarement trouvée ailleurs. « Arrows And Anchors », quatrième album de FAIR TO MIDLAND est le beau, tout simplement. Tout dans cet album est d’un équilibre quasi parfait. Bien que beaucoup plus « métal » que leur précédente réalisation, la mélodie et la puissance s’entremêlent, virevoltent, ne font qu’une dans la plupart des chansons (« Amarillo Sleeps On My Pillow » et « Musical Chairs » en tête). La batterie et la basse se font puissantes, intenses, fortes (dans le mix, la batterie est étrangement mise en avant, pour un résultat particulier mais très intéressant), donnant à l’ensemble une force de pénétration et une puissance qui, bien que contenues restent présentes, notamment dans l’intro de « Uh-Oh ». Mais il ne s’agit pas ici de puissance pour la puissance, car l’intensité des instruments sert avant tout un but des plus élémentaires : poser les fondations et les briques d’un immense échafaudage musical qui bien que complexe et dense, se révèle assez facile d’accès.

Cet édifice permet de porter aux nues la voix de Darroh Sudderth. Chanteur extrêmement gracile, et versatile, capable de livrer une performance hyper mélodique en contraste saisissant avec la musique puis de passer en quelque secondes à un chant à la limite du growl, donnant l’impression d’être frappé par un cyclone (« Rikki Tikki Tavi »). L’alliance du clavier et de la voix, donne au choix la violence la plus impressionnante ou la plus extrême des délicatesses.

L’autre force de FAIR TO MIDLAND est de donner une impression d’homogénéité. Toutes les chansons ont un air de famille, sans jamais vraiment se ressembler. Le tout reste toujours subtilement équilibré, prévenant une routine qui détruirait l’intérêt de la musique. Peut-on lui reprocher quelque chose me hurle la foule en délire ? En cherchant bien oui. On peut reprocher à cet album les quelques interludes « Typhoid Marie Sends Her Best » et « The Upset At Bailey Bridge » qui laissent un étrange goût d’inachevé et gagneraient à être développés. De la même façon, l’introduction et la « ghost track » n’apporte pas vraiment à l’ensemble de l’album. Néanmoins après plusieurs écoutes on se rend compte que ses défauts s’estompent de façon surprenantes, les pistes sus-citées participant elles aussi à l’équilibre parfait de cet opus.

Écouter « Arrows And Anchors », c’est comme regarder un bijoutier tailler un diamant. On ne sait pas comment il fait, mais on ne peut s’empêcher de voir cette pierre informe, prendre vie sous ses outils. Chaque titre présente une facette de la personnalité du groupe, qui s’avère plus riche au fil des écoutes. Cet album a quelques défauts ? Peu importe, ceux-ci sont oubliés au fil des écoutes, et dans le petit monde parfois trop sclérosé du métal, celui-ci arrive comme une immense bouffée d’air frais quasi-salvatrice.


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