HELLFEST – Récit d’un campeur. #2

Ecrit par le 16 juin 2012

Vendredi 15 Juin

Après un prompt réveil à 7h du matin, provoqué par un mégaphone diffusant en boucle une abomination auditive (merci cher voisin, j’en avais vraiment besoin) et le dialogue d’un français éméché expliquant sa théorie sur l’alcool vendu au leclerc à un italien hilare, dans un anglais approximatif, il est temps d’aller à la douche. Le bracelet coute toujours 6 euros, mais le coin douche semble cette année bien plus grand. Je dis bien semble, parce que mine de rien, attendre 45 minutes avant de pouvoir se doucher, sans que les deux pauvres types vendant les bracelets sachent quoi faire c’est long, et ça commence mal (bravo les mecs pour votre patience et votre sang-froid, je n’aurais pas apprécié de me faire pourrir comme ça personnellement). On commence à se dire que ce n’est pas gagné, ce d’autant que la foule présente devant les grilles du point douche commence à atteindre une masse critique.

8h45. Il nous est enfin possible de nous doucher, et de vérifier une autre amélioration : les cabines de douches sont plus nombreuses et surtout plus spacieuses. Et quand on fait 2m, c’est plus qu’appréciable. Petit détour par le coin petit-déjeuner, autre (excellente) nouveauté du fest, ou malgré des prix plus que durs nous pouvons nous sustenter en attendant les concerts.

10h30. Je me présente aux portes du fest pour un autre constat… C’est un joyeux bordel, et toutes les entrées sont bouchées par une foule compacte et importante, enfin un truc qui n’a pas changé par rapport à l’année dernière, c’est toujours pareil le matin ! Une discussion entre deux responsables me permet d’apprendre que tous les bénévoles ne sont pas encore là, ce qui (je cite) «nous fout bien dans la merde, putain ».

Après une fouille pas très minutieuse (j’ai vu tout au long du week-end, beaucoup plus de festivaliers avec des bouteilles en verre sur le site que l’an dernier, preuve que la sécurité s’est longtemps retrouvée débordée par la foule), les choses sérieuses commencent :

Direction la valley pour DOOMRIDERS. La tente est déjà pleine à craquer, le son est bien trop brouillon, mais le public adhère et répond présent. Malheureusement, je n’arrive pas à rentrer dedans et je dois déclarer forfait.

Cavalant un peu vers la mainstage 1 (ce qui me fait réaliser que ce site est quand même plus grand que les années précédentes), j’arrive à temps pour le début du set des français de BUKOWSKI que j’attendais de pied ferme, tant leur musique est appréciable sur album. Mes attentes ne furent pas déçues. Le trio enflamme la scène avec son Hard/Stoner rock, efficace et entrainant. Julien (le bassiste) se démène pour faire réagir un public un peu endormi mais poli et enjoué. Le son est fort et un poil brouillon même si il s’améliore nettement au fil du set. Bref, une excellente surprise, à revoir rapidement.

N’étant pas un grand fan de THOU ni de BLACK BOMB A, j’en profite pour faire un tour du coté de la restauration, située à coté de la valley. Un petit passage à l’EXTREME MARKET me permet de faire hurler mon banquier, même si le merchandising était un petit peu trop orienté black/death au niveau des T-shirts. La aussi, l’agrandissement ne se remarque que très peu, tant les gens sont nombreux à circuler dans les quelques allées un brin étroites.

Hop, filons observer les débuts français de LIZZY BORDEN qui malgré une mise en scène un peu cheap (quoique que finalement assez drôle), propose un heavy metal efficace et peut compter sur son charismatique chanteur, et son don pour le changement de masque, pour faire le boulot. Pas vraiment un grand cru, mais un concert sympathique néanmoins (le mélange entre star wars et la marseillaise, était plutôt bien trouvé je l’avoue).

Un petit souci logistique, me fait louper les sets de MOLLY HATCHET, dont on m’a dit le plus grand bien et qui sera filmé par ARTE, et de BRAIN POLICE (c’est malheureux, mais aucun concert de la valley n’a été filmé…) que j’essayerai donc de voir une autre fois.

Retour sur le site pour le set de THE ATOMIC BITCHWAX. Le son est absolument excellent et Ed Mundell nous démontre une nouvelle fois pourquoi il est absolument parfait pour jouer du stoner. Néanmoins la performance reste trop statique et le coté «rien à foutre » du gratteux creuse un fossé entre le groupe et un public vraiment à fond derrière la musique. Une performance excellente, mais qui privilégie trop l’efficacité au détriment du dialogue.

16h35. Retour sur les mainstages pour le show du nouveau supergroupe allemand : UNISONIC. Problème : le son n’est pas à la hauteur et pour peu que l’on soit un peu loin, on n’entend presque pas Michael Kiske… Malgré la grande forme du chanteur et l’enthousiasme communicatif des musiciens, le show s’en trouve grandement gâché, ce d’autant que le public semble se contrefoutre des nouveaux morceaux et n’a d’oreilles que pour les reprises d’HELLOWEEN. Un concert qui aurait pu être excellent, mais qui fut carrément entravé par le son, le public et une certaine staticité de l’ensemble.

A peine le temps d’arriver devant la valley (blindée, ça sera la constante pendant presque tout le festival) que mes oreilles sont assaillies par la puissance d’ORANGE GOBLIN. C’est simple, les anglais poutrent tout en proposant leurs titres les plus heavy («The Fog » fut dantesque). Le son est surpuissant et si on peut déplorer que le groupe axe sa prestation sur son coté plus heavy, comment ne pas se laisser entrainer et se péter les cervicales sur l’ensemble des titres interprétés ? Ce d’autant que sur scène, ca se démène, ca bouge, ca harangue. Le public se défoncera les mains en tapant à tout rompre sur «Blue Snow ». Le deuxième vrai bon concert de la journée et ce, à tous les niveaux. Rah c’que ça fait plaisir.

Hop on re-cavale sous la pluie qui débute pour se retrouver à la mainstage et voir l’un de mes petits chouchous du festival, les suisses de GOTTHARD, que j’écoute avec un peu d’appréhension, tant le charisme de Steve Lee (tu nous manque à tous mec !) était pour beaucoup dans le succès des suisses. Force m’est d’admettre que je suis de nouveau conquis. Leur hard mélodique et entrainant fait mouche, et Nic Maeder, s’il n’est finalement pas très différent de son prédécesseur (vocalement, j’entends) reste toujours conscient de l’ombre qui plane au dessus de lui. Il fait pourtant le show et s’en sort avec plus que les honneurs, réussissant à faire réagir un public de fans déjà acquis et qui n’attend que de partager la musique. Sauf qu’avec la pluie battante qui commence, le site semble désert et les 2 mainstages affichent désespérément vide… Bref, tant pis pour eux, les absents avaient tort. Leo Leoni assure toujours autant derrière sa guitare et la conclusion «Anytime Anywhere » vient clore un concert aussi efficace qu’attachant. Une bonne surprise.

Changement de scène et changement d’ambiance pour ce qui restera THE concert du vendredi. Attendus de pieds ferme par tous ses fans, TURBONEGRO arrive, défonce tout et repart. Tony Sylvester conquiert tout le monde dès son «WHAAAAAATTTTTTT ? Where are my friends ??? » en introduction d’un «All My Friends Are Dead » dévastateur. En quelques secondes on oublie Hank Von Helvete, la pluie, la fatigue qui commence et on se laisse envahir par le groove du combo. Tout y est : le punk, la décadence, le look so-kitsch des zicos. On se prend claque sur claque tant on sent que le groupe se lâche complètement. Mention spéciale à Tigrou (le tatouage de Tony Sylvester) qui a fait le bonheur des caméramans (la mâchoire du titre bouge avec le bide du frontman, si c’est pas la méga-classe ça) et à Tommy Manboy, qui martèle ses futs comme un forcené. La setlist fait la part belle à «Apocalypse Dudes » et se permet d’ajouter des titres de leur (très bon) nouvel album qui passent sans effort l’épreuve du live. Bref, TURBONEGRO a juste tout défoncé.

Changement de mainstage pour l’un des groupes les plus attendus du jour : LYNYRD SKYNYRD, alors que la pluie se casse pour laisser sa place au soleil, au moins le temps d’un concert. La, aucune surprise, le groupe déroule, avec talent, une setlist superbement équilibrée. Tout le monde fait le boulot, Johhny Van Zant arpente la scène en livrant une excellente perf vocale (malgré un chewing gum maché en continu, chapeau) et Medlocke est toujours aussi bon derrière sa gratte. Les hymnes s’enchainent tout naturellement sans vraiment de grande surprise. Un show peut-être un peu trop carré et huilé, qui peine à convaincre autant que la baffe monstrueuse que je viens de prendre. Néanmoins, un concert extrêmement plaisant, à propos duquel je pourrais dire «j’y étais, et c’était vraiment bien. »

On reste entre les deux scènes principales pour un bon coup de DROPKICK MURPHYS. Un groupe un peu étonnant vu l’affiche du jour, mais vu l’accueil qui leur est réservé, aucun doute, le Hellfest est friand de leur punk à boire. Un sacré concert, qui donne envie de chanter et de danser dans un bar en dégustant une bonne guinness. La biologie étant ce qu’elle est, je me vois dans l’obligation de m’absenter quelques instants… Sauf que trouver un coin WC relève du parcours du combattant, ceux-ci étant trop peu nombreux, et surtout complétement dégueulasses dès le premier soir (mention spéciale au mec qui a écrit bonne chance sur le mur avec son vomi, c’tait très classe…) Enfin bref, je peux tout de même me delecter de la plus grande partie du concert, malgré un son parfois approximatif surtout au niveau des voix. « I’m Shipping Up To Boston » vient mettre tout le monde d’accord en conclusion. Et c’est tant mieux comme ça !

La pluie ayant repris de plus belle, j’attends patiemment le concert de MEGADETH qui m’avait complètement scié au Sonisphère 2011. Et la… C’est plus la même. Si l’on est pas pile face à la scène le son est inexistant (je n’ai tout simplement PAS entendu Broderick sur les 4 premiers morceaux…). Le concert débute exactement comme celui du Sonisphère, et le manque d’engagement de 80% du public est flagrant… Ajouté à cela la pluie, le froid, le vent et la fatigue, et vous obtenez un Gus qui s’en va juste après « Dawn Patrol »…

Je verrais AMON AMARTH une autre fois et dans de meilleures conditions je l’espère.

Retour au camping, pour une nuit de merde, tant les gens sont bruyants, bourrés, et cons. Mention spéciale à mes voisins, qui « étaient trop bourrés pour assister au concert d’UNISONIC mais c’tait cool quand même »… Après de multiples réveils, et coup de gueule, je peux enfin dormir quelques heures.

Concert du jour : TURBONEGRO
Surprise du jour : BUKOWSKI
Phrase du Jour : « You see, the alcohol they sell in Leclerc, that magasin la…L-E-C-L-E-C-E-R-C, it’s the piss of the guys in the camping, that’s why i drink but don’t piss »


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